Le Makaton, une méthode gestuée pour surmonter les difficultés de langage

« Chaque enfant possède une intelligence certaine », confie à Aleteia Clotilde Noël, maman de Marie, 6 ans, porteuse de trisomie 21. « Avec chaque enfant, il y a un langage particulier à mettre en place. Et si le chemin classique de l’apprentissage ne fonctionne pas, eh bien on en trouve un autre ! À nous, en tant qu’éducateurs, d’être inventifs, créatifs, malléables, pour contourner les obstacles par le jeu, l’humour, l’ingéniosité… »

« Extraordinaire ! »

C’est dans cette dynamique que Nicolas et Clotilde ont découvert il y a quatre ans le Makaton. Ils se sont formés ensemble pendant deux jours auprès de l’association, et sont repartis chez eux avec des outils qui ont révolutionné leur vie de famille. « C’est génial, extraordinaire ! » s’exclame Clotilde. « Marie est tout de suite rentrée dans le jeu et a fait des progrès fulgurants ! On nous avait dit qu’elle ne parlerait pas. Aujourd’hui, elle s’exprime très bien, elle fait de vraies constructions de phrases, elle a beaucoup de vocabulaire. » Sans compter que le Makaton, adopté par toute leur grande fratrie, est devenu comme un code connu d’eux seuls.

Le Makaton a été mis au point en 1974 par Margaret Walker, une orthophoniste britannique cherchant à communiquer avec des enfants et des adultes souffrant de troubles d’apprentissage et de la communication. Il se compose de signes, issus de la Langue des Signes Française, et de pictogrammes, des symboles graphiques qui représentent des mots. Non seulement le programme facilite la communication, mais il permet aussi de structurer et de développer le langage. La parole doit toujours accompagner les signes et les pictogrammes.

Un langage qui fait grandir l’amour

En faisant l’effort de mieux connaître son enfant, en cherchant des solutions pour s’adapter à son handicap, Clotilde témoigne d’un amour grandissant envers sa fille. « Notre amour pour notre enfant n’est plus le même », confie-t-elle. « Si tout avait été simple, est-ce que j’aurais pris le temps d’observer comment Marie fonctionne ? Si on roule sur une ligne droite, on ne voit pas tout, on ne travaille pas tout. On croit que la difficulté, c’est l’enfer. Mais en réalité, au cœur de la difficulté, lorsqu’on cherche à la contourner, c’est notre amour qui se transforme, qui se fortifie, qui grandit. » (Aleteia.org)

 

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